Avoir peur, c'est avoir envie de vivre.

J'ai osé mettre mon commentaire sur son blog, même si j'avais un peu peur d'être à côté de la plaque.
Gélule, c'est une blogueuse médicale.
Si vous ne la connaissez pas, cliquez ici, vous atterrirez sur son blog, et il en vaut le clic.
J'aime beaucoup sa façon de s'exprimer.
Alors voilà, je commente ici son article "M comme : ça fait Mal.", en réaction aux effusions récentes sur différents médias à propos "des médecins".




"Je lis toujours tes articles, et aujourd'hui, j'ai eu envie de réagir.

Je ne suis pas étudiante en médecine, mon frère l'est.
Je suis étudiante en pharmacie.
Et je suis aussi fille de médecin.

Quand on était petit, mon père rentrait tellement tard à la maison qu'on avait fait une pétition, un jour, pour qu'il rentre plus tôt.
Parce qu'on voulait le voir plus que 5 minutes avant de se coucher à 21h.
Mon père est médecin pneumologue dans une clinique privée, depuis plus de 20 ans maintenant.
Et rien de tout ça n'a changé.
Ses journées, c'est 8h-20h30, avec une pause de 30 minutes, parfois moins, le midi. Et encore il a de la chance : comme il est en cabinet, les gardes, c'est pas plus d'un week-end par mois.
Pourtant, on dit souvent que les médecins libéraux, ceux qui bossent en clinique, choisissent leurs horaires.
Bossent comme ils veulent, quand ils veulent, en somme.

La petite fille qui est encore en moi a envie de crier : "Mon père, je le vois toujours aussi peu."
Quand un patient est malade, il est toujours la priorité.
Qu'il soit 12h, qu'il soit 00h, on ne laisse mourir personne sans se battre. On ne rentre pas à la maison en s'en lavant les mains.

Il se plaint pas de son salaire, mon père, ça non.
Il se plaint pas du tout, d'ailleurs.
C'est juste moi, la petite fille, qui aurait pu apprécié que mon père soit là plus souvent.
Qui me dit que peut-être, si le travail n'avait pas été si dur, si le travail n'avait pas été si éprouvant pour lui, il aurait peut-être aussi été plus souvent de meilleure humeur en rentrant le soir. Ou le week-end.
Qu'il serait moins irritable, qu'il serait moins dans son bureau dès qu'il rentre à la maison.
Moi qui n'étais qu'une petite fille, je m'en foutais de l'argent qu'il gagnait, je m'en fous encore, même si c'est celui-là qui me permet de payer mes études.
Moi, j'aurais juste voulu qu'on fasse un peu plus attention à mon père.
J'aurais aimé passer un peu plus de temps avec lui.

Vous voyez, quand on parle "des médecins", on parle d'argent, on parle de mauvaise prise en charge, on parle de beaucoup de choses.
J'ai juste l'impression que, parfois, on oublie qu'on est tous humains."

Attendons l'équipage

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Par maud96 le Lundi 5 novembre 2012 à 19:22
Combien tu as raison !
Par lancien le Dimanche 9 décembre 2012 à 15:26
Tu as raison d'écrire cela. Mais j'ai rencontré des amis de mes petits enfants en médecine qui n'ont choisi médecine que pour l'argent et cela me chagrine, car j'ai connu beaucoup de médecins comme ton père, pour lesquels c'était d'abord le malade qui comptait. Médecine sans la vocation, ce n'est plus la même chose et l'institution du concours P1 est déplorable à ce point de vue.
 

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