Mon stage en pharmacie, je le fais pas loin de chez mes parents, ce qui fait que je mange assez souent avec ma mère le midi.
L'idée, c'était que je serais pas loin d'eux pendant les 6 derniers mois précédant mon grand départ.
C'était de leur faire plaisir, un peu, en fait, avant de partir.
Mais je n'y arrive pas.
Je vais le midi là-bas, et c'est juste devenu un endroit pratique pour bien manger le midi.
J'arrive pas à discuter normalement avec elle.
A chaque fois qu'elle lance une discussion, je peux pas m'empêcher d'être désagréable.
Je pense pas en soi que ce soit à cause du sujet de discussion.
Elle essaie de me parler cinéma, internet, trucs qu'elle sait/pense qui m'intéressent.
Mais non, pas possible, j'ai un vieux blocage.
C'est pas naturel.
Je me retiens de parler de ce qui me tient à coeur (mon voyage l'an prochain, cet ami qui m'est très proche, ce que je veux devenir plus tard).
Je ne peux pas me confier à elle, parce que j'ai peur qu'elle fasse des remarques.
Je la connais, rien qu'aujourd'hui, je parlais de 2 québécois pour lesquels je cherche un logement pour 2 nuits à Paris, et elle a pas pu s'empêcher de me dire qu'il fallait que je contacte telle personne, sans même savoir si j'avais fait quelque chose. Et je sais pas, ça me donne juste l'imrpession qu'elle est incapable de me laisser faire.
Pourtant, c'est pas méchant, elle veut aider. Mais je veux pas. Je veux plus. J'ai cette idée dans la tête qu'à chaque fois qu'elle a voulu m'aider, ça a été caca.
Au lycée, quand mes amis allaient pas toujours très bien et qu'elle me disait "mais pourquoi tu traînes avec eux? Tiens, tu devrais aller à Théo campus (un truc d'étudiants catho), tu te ferais des bons potes." (Bon, donc mes potes sont des boulets, merci maman.)
A l'université, quand elle m'a tannée pour que j'aille en pharma au lieu de rester en bio, parce que "y a pas de débouchés en bio, et je suis sûre que tu aimeras la pharma." (Mais POURQUOI je lui ai cédé?)
Dans ma vie sociale, quand toujours on me répétait "on est inquiet pour toi, on trouve que tu ne fais rien de ta vie." (Et les Fest noz auxquels j'allais tout le temps? C'est sympa de dire que je fais rien, surtout quand ce que je fais, on trouve ça nul.)

Mais ça a été dit, ça a été discuté.
Et je n'arrive pas à passer à autre chose.
Je ne veux pas à nouveau entendre des remarques sur mes potes, parce que je tiens énormément à eux.
Je ne veux plus changer mes projets à cause d'elle.
Je ne veux plus, et j'ai peur.

Haha, et ça me fait bien marrer qu'elle me dise: "oh, je suis étonnée, tu parles bien aux gens au comptoir, je pensais pas que tu serais aussi ouverte avec les gens."
Merci maman.
ça fait toujours plaisir de savoir ce que tu penses de moi.
... J'ai un peu l'impression d'avoir un syndrome post-traumatique de petite fille gâtée.

(Le pire, c'est peut-être qu'elle pense que je suis en pleine crise d'ado.)