Avoir peur, c'est avoir envie de vivre.

J'ai (enfin) passé ma thèse.
On a acheté un van, il y a un mois, et on l'aménage pour voyager autour de l'Europe.
J'ai un CDD en février, pour 8 mois.
Dans une petite pharmacie de campagne en plus, où ils préfèrent passer du temps avec les patients que vendre des boîtes.
On va potentiellement au ski pour 1 semaine grâce à mon frère en janvier.

Ca, c'est les hauts.

Et puis y a les bas.

Je suis mariée, mais je suis pas sûre que ça se passe méga bien.
ça fait plus d'un an qu'on est 24/24 7/7 ensemble (et j'entends littéralement 24/24 comme on bosse pas encore), et j'ai du mal.
J'ai besoin de respirer, d'un peu d'espace et je sais pas comment lui dire sans que ça fasse mal.
J'ai besoin qu'il prenne en charge un peu plus que juste les tâches ménagères, et seulement quand ça devient hors de contrôle.
J'ai besoin qu'il s'énerve pas sur mon chien parce qu'il joue avec sa balle le matin au réveil.
Oui, il veut dormir, mais il fait que ça, dormir.

En attendant, c'est moi qui cherche un logement.
C'est moi qui me renseigne pour une cérémonie de mariage (on l'a jamais fêté ce mariage).
C'est moi qui cherche un boulot.
C'est moi qui lui dit qu'il faudrait peut-être qu'il cherche du boulot, ou quelque chose à faire dans sa vie.
C'est moi qui lui dit que non, ce mois-ci, on peut pas se payer ceci ou cela.
J'suis la raisonnable, la méchante, celle qui rappelle les trucs pas cools de la vie depuis plus d'un an, et j'en peux plus.
Et j'ai envie de me faire plaisir, et je peux pas.

Et ça me bouffe...
Voilà, depuis mon retour, je bosse en pharmacie.
J'ai trouvé un boulot sans même chercher, c'est un pharmacien chez qui j'ai bossé en tant qu'étudiante qui a fait appel à moi pour un remplacement de congé maternité. Normalement, il cherchait une préparatrice, mais comme il trouvait pas, il a fait appel à moi.
Contrat à temps partiel, avec au moins 2 jours libres pour bosser ma thèse en semaine. J'ai accepté.
Du coup, je bosse les lundi-mardi-mercredi +/- samedi selon les semaines.

C'est chouette, la pharmacie est cool, je m'entends bien avec l'équipe.
Mis à part, de temps en temps, avec l'autre remplaçante (qui est à la base une de mes potes de promo, HAHA) (elle est ultra stressée, et ultra stressante par voie de cause à effet) (#jaimepasmefairecritiquertouteslescinqsecondes).
Mais ça se passe bien.
Le problème, un peu, c'est que ça se corse cet été.
Avec les vacances par-ci par-là, je me retrouve à bosser minimum 34h par semaine (c'est un temps partiel, ça ?), et je monte parfois à 45h... Oouups.
Autant dire que je commence à stresser du ciboulot pour ma thèse (je la bosse quuaaaaand ?).
Et en plus, avec tout ça, ça va probablement retarder mon départ au Canada... Et, la conséquence, au delà d'être "coincée" en France, c'est de pas voir mon homme potentiellement d'autant plus longtemps, à moins qu'il vienne ici (et c'est pas prévu pour l'instant...).
D'un autre côté, j'aime bien cette pharmacie.
Pour mon premier boulot, j'ai vraiment de la chance, le pharmacien voudrait même rallonger mon contrat.
Je vais devoir dire non, parce que je vais quand même partir au Canada un jour, mais ça fait un point de plus pour l'ego.

A côté de ça, je sors d'une de mes rares journées de vrai repos ; cad j'ai fait ce que je voulais.
Pas de thèse, pas de boulot (premier samedi since forever), juste voir les amis, profiter, m'amuser.
Vous savez quoi ? C'est cool de voir des gens. De faire autre chose que rester plantée chez soi, soit à bosser sur un écran, soit à regarder des films sur le même écran (parce que le sentiment de culpabilité est moins fort qu'en sortant) (au moins j'étais restée chez moi avec l'INTENTION de bosser).
Je crois que je vais recommencer.
Faut que j'oublie pas de bosser ma thèse quand même.

Oh, et je me suis mise à l'escalade, j'ai trouvé une salle de block, et c'est génial.
Et j'ai mal aux bras.
Et faudrait que je passe mon permis bateau.

Bref, ça m'a fait du bien d'écrire ce qu'il se passe dans ma vie.
Ca se voyait peut-être pas, mais j'étais en train de pleurer en commençant.
Là, ça va mieux.
Je me dis que je vais peut-être y arriver quand même, même si j'ai que 6 jours de tout l'été pour bosser ma thèse, et que mes seuls autres jours de congés sont les dimanche et les jours fériés.

Et hop, pile à ce moment, y a un rayon de soleil qu'est apparu à la fenêtre.
(Un vrai, hein, pas juste dans ma tête.)
Il est temps de s'y remettre.

La bise.
 Tadaaaaa !http://flotte.cowblog.fr/images/IMG20160323093914.jpg
En ce moment, j'ai la fièvre voyageuse.
Comme j'ai pas beaucoup raconté ma vie ces derniers temps, on va vous mettre au goût du jour :
J'ai à nouveau un copain, ça fait un peu plus d'un an qu'on est ensemble maintenant, il est américain. On parle à mi-mots de mariage, autant pour les sentiments que parce que c'est un des seuls moyens qu'on a de pouvoir rester dans le même pays plus de 3 mois (durée du visa touristique)(c'est cool les relations à distance, mais bon.).
Je suis en plein dans ma thèse (et ça c'est ultra cool). J'ai déjà un boulot de remplacement pour quand je reviens en France dans 2 semaines (oui, je suis aux USA en ce moment) pour 6 mois. (Shrink, vous avez gagné le jackpot)
J'ai un visa de travail de 2 ans (PVT pour ceux qui connaissent) pour le Canada à compter de fin juin. (C'est-à-dire que je peux aller et venir entre le Canada et la France comme je veux pendant 2 ans, et en prime, j'ai le droit d'y bosser.) (Jackpot bis.)
Je veux faire un autre PVT en Argentine, puis en Nouvelle-Zélande après ça. Mon homme est motivé aussi. Sachant que les possibilités sont encore très ouvertes de ce côté-là : Japon, Corée, Hong-Kong, Australie... (J'y cours, j'y vole.)
Je viens de découvrir qu'on peut être volontaire aux îles Kerguelen (en Antarctique) pour une durée de 1 an, dans le programme de volontariat civique. (Oh ouiiii)

Ça fait déjà pas mal.
Et un jour, j'espère aussi pouvoir traverser l'Atlantique à la voile et traverser les USA à cheval et passer le Cap Horn (le fameux, l'Unique) (Mon préééciiieux).

Autant dire que j'ai pas l'intention de me poser de si tôt.
Ça va pas faire plaisir à papa-maman...

J'ai des plans plein la tête, et parfois, je ne sais plus par où commencer.
La vie va bien, et même si toute ma famille (ou presque) ne comprend pas vraiment où je vais (moi non plus, d'ailleurs), j'y vais.
J'ai jamais rêvé d'une vie de famille pépère dans un coin paumé (ou pas) avec des gosses.(une crevette qui pleure sur les bras, non merci) (ça veut pas dire que je désapprouve ceux qui veulent en avoir, juste que c'est pas mon plan de vie)
Beaucoup s'inquiète : "Mais tu vas pouvoir trouver du boulot ?" "Tu sais, tu vas être à l'autre bout du monde, on pourra pas te rendre visite tous les 3 mois" "Et financièrement, tu vas t'en sortir comment ?" "Quand tu reviendras, tu feras quoi ?", mais franchement, on a qu'une vie.
J'ai des économies (j'ai économisé à peu près toute ma vie, c'est-à-dire depuis que je suis en âge d'avoir un compte en banque), je sais plutôt bien gérer mon argent, d'ailleurs, j'ai des plans pour acheter un appart, le retaper et le louer (à moi les revenus fixes) (via une agence bien sûr, pour pas avoir besoin d'être là), et j'ai un CV et un réseau qui me permettent d'avoir de la flexibilité.
Mes proches restent importants à mes yeux, mais si je restreins ma vie à rester près d'eux, je me sentirais juste misérable.
Alors voilà. J'ai l'espoir qu'ils comprendront, et qu'ils arrêteront de me juger ("booouuh, elle nous aime pas, c'est pour ça qu'elle va à l'autre bout du monde") (euh) (non, en fait, vraiment non), et j'espère que j'aurais suffisamment de guts (comme ils disent, en english) pour pas les laisser me convaincre contre ma volonté.

Tout ça pour conclure, je vais sûrement me faire tattouée.
Un tattouage qui me rappellerait tout ça, l'aventure, l'envie de voyager, et qui me rappellerait la maison, un peu.
Une rose des vents dans une barre à roue.
Dans le haut du dos, près de la nuque.
Et parce que j'ai peur, un peu, malgré tout.
Mais voilà :
Avoir peur, c'est avoir envie de vivre.
Une semaine que j'ai fini mes examens.
Dès le lendemain, reprise du boulot/stage.
Un préparateur s'est cassé la figure et se retrouve en arrêt, ça complique les choses.
Changements de planning, finir en retard tous les jours, rentrer chez soi, vouloir dormir, mais sortir pour voir une dernière fois les amis avant de partir.

Ce weekend, c'était mon long weekend.
Dé-crémaillère. La folie !
Kayak, picnic, barbecue, foot, palet.
Pas le temps de s'ennuyer.
Des amis que je n'avais pas vus depuis des lustres au moins.

Hier (dimanche), braderie. J'ai vendu des choses, rien acheté.
Pas la peine une semaine avant de partir.
Pour une braderie de dernière minute, c'était pas si mal.
Y avait la fête de la musique, aussi.
J'y suis allée 2h, entre un trajet à la gare pour récupérer des gens, et le moment de dormir parce qu'il faut bien se coucher quand vient 1h du matin.

Aujourd'hui, grand ménage, je loge quelqu'un demain pour 2 nuits.
Ce soir, répétition de harpe, pour un concert vendredi.
Ma grand-mère arrive sur Rennes.
Et je dois finir des formalités pour partir la semaine prochaine.

Cette semaine, je continue à vendre mes affaires.
Mes amis passent encore, les uns après les autres, passer la soirée et récupérer des choses dans l'appartement.
Et puis, dimanche prochain, liquidation totale.

Mon billet de train est pris, départ 18h mardi 30 juin.
Décollage le 1er juillet à 6h20, après une nuit à l'aéroport.
A l'autre bout, il m'attendra, et avec un peu de chance, un lit douillet aussi.
Et puis, les vacances.

(NB: ne pas oublier le passeport.)
Et voilà, après presque 3 mois de silence, me revoilà.

Entre temps, un ami à moi est décédé.
J'ai passé (et validé) mes examens de stage de 6ème année.
Je redouble le premier semestre de P6 à cause d'une raison pourrie.
Je pars aux USA dans 2 semaines rejoindre mon copain.
J'ai un stérilet.
Je vide mon appartement.
J'ai pas arrangé les soucis avec ma mère.
J'ai (potentiellement) des soucis de thyroïde.
Je dois finir mon mémoire de recherche.
J'ai logé environ une 15aine de personnes de différentes nationalités via AirBnB et Couchsurfing.

Il fait beau, c'est (presque) les vacances, j'ai envie d'aller à la mer.
Demain, peut-être.
C'est la dernière année. La dernière ligne droite.
Et j'ai réussi à rater.
Merde.
Demain, à une semaine des rattrapages je loge des canadiens chez moi.
Je sens que je vais aller à la BU pendant les journées et ne passer que mes soirées avec eux. (Oui, moi, à la BU.)
En attendant, je trouve que j'ai pas mal avancé sur mes révisions, donc.
Mais je me rends compte que j'ai pas fini mon mémoire de recherche, qui fait partie de mes UE à passer.
Et que j'ai toujours pas de thèse.
Il va être temps de bouger mes fesses et d'arrêter de fantasmer un peu.
On se cadre, ma petite, on se cadre.
 Voilà, depuis quelques temps, je réfléchis à faire Fille Au Pair aux USA pour un an, voire plus.
Être Au Pair, ça veut dire avoir un visa, être nourri-logé, et même avoir de l'argent de poche, en échange de s'occuper d'enfants.
Oui, il y a même des vacances et des jours de congés règlementaires.
Bon plan, non ?

Alors, j'ai commencé à me renseigner.
Et une famille de Californie a l'air intéressée.
Et la famille m'intéresse.
Ils vivent dans un ranch, avec leur 2 filles de 13 et 16 ans, avec leurs chevaux, poulets, chiens et autres animaux.
C'est dans l'est de la Californie, pas très loin de Yosemite.
Mon travail consisterait majoritairement à aider avec la maintenance de la maison, emmener les filles à leurs activités, et aider avec les animaux.
ça implique donc d'apprendre à m'occuper de chevaux et à les monter.
Le rêve.

Seulement voilà, j'hésite.
Parce que c'est pour un an complet, et que c'est à 17h de route du Montana.
Loin, quoi.
Et il faut que je me décide, parce que ça y est, après un échange de quelques mails, ils m'ont demandée si j'étais intéressée pour venir dans leur famille.
Aïeaïeaïe.
Ce weekend, je n'étais pas chez moi.
Ce weekend, j'ai prêté mon appart à mon frère parce qu'il avait besoin d'un logement pour lui et sa copine.
Je suis revenue hier soir.

J'entre dans la cuisine, tout est propre, je me dis "waow, ils sont trop cools, ils ont tout bien rangé !".
En faisant abstraction des 2 sacs poubelles qui traînaient dans un coin.
J'ouvre le frigo, le freezer n'est plus enfermé dans les glaces, je me dis "waow, ils ont même décongelé mon freezer, trop sympa !".
Et là, pan, je regarde dans ma poubelle recyclable (avec un beau papier noté "recyclable" dessus, quand même, histoire que les gens se plantent pas), et pan, plein de trucs non recyclables. Toujours guillerette de leurs efforts sur ma cuisine, je me dis "ne nous laissons pas abattre, ils ont sûrement mis le recyclable dans le sac poubelle juste à côté, là", et là pan : tout ce que contenait mon freezer est dans ce sac poubelle.

Conclusion : non, ils n'ont rien fait du tout. Ils ont juste mal fermé la porte de mon frigo pendant suffisamment longtemps pour que la glace fonde. (C'est dire combien de temps.)
Et ils ont gâché mes steaks hachés et mes légumes surgelés.
Et ils ne les ont pas remplacés, ni vidé l'eau du frigo, ce qui fait que j'ai la chance de constater que mes pots de cornichons et autres sont collés par de la glace dans le frigo. (Pratique, pour attraper un cornichon.)
Et en plus, ils ont laissé leurs affaires dans la machine à laver. Qui c'est qui la vide ? C'est bibi.
Et ils ont utilisé mon dentifrice. (Comment ça, on s'en fout ? Non. Mon dentifrice, c'est sacré.)
Oh, et ma serviette de toilette, aussi.

C'est moi, ou à chaque fois que j'essaie de faire un effort vers mon frère, il faut qu'il foire tout ?
C'était que 2 jours, merde.

(Le pire, c'est qu'il m'a appelé, pour ça j'imagine. J'avais raté son appel, et quand je l'avais rappelé, il m'avait sorti : "Non, en fait, c'est rien.")

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