Avoir peur, c'est avoir envie de vivre.

Ca fait longtemps que je n'ai pas écrit ici.
Mais voilà.
Aujourd'hui, j'avais envie - besoin - de raconter une histoire.
Celle de l'Université rennaise et de comment j'ai vécu mes (dernières) années de pharmacie ici.
Oh, pas à cause de Rennes, non. Rennes, c'est ma ville, j'y ai ma famille, mes amis.
Avec des hauts et des bas, mais Rennes c'est cool.

A cause de l'Université.
Ce bordel administratif sans nom. (Excusez le langage.)

Je dirais que ça commence en 5 ème année de pharmacie.
La mienne s'est pas si mal passée, mes stages hospitalo-universitaires se sont bien déroulés, je les ai validés, tout ça tout ça.
Si ce n'est que, quand même, ils offrent l'opportunité aux étudiants de partir en stage à l'étranger, mais ils sont pas foutus capables d'adapter les dates d'examen pour que ces étudiants les passent.
Conclusion : directement à la case rattrapages, et cela une semaine après le retour du pays. Sachant que tous les profs donnent pas leurs documents de cours par internet, donc la fête. (Autant dire que je n'ai pas tout validé, mais j'ai réussi à pouvoir valider l'année suivante tout en faisant ma 6 ème année.)

Autre point, qui ne m'est pas arrivé (ouf !), mais qui est assez commun :
Ils savent pas quoi faire de nous, à l'hôpital, dans les services cliniques, pendant le stage.
On poireaute.
Sur une chaise.
Pendant que tous les autres se demandent ce qu'on fout là, et se foutent légèrement de la gueule des externes de pharmacie qui servent à rien.
Ben oui, mais voyez : c'est un stage obligatoire.
Une absence invalide le stage. (sauf dans le cadre des congés payés)
Et on a beau demandé ce qu'on peut faire, ils savent pas.
Alors voilà, la belle vie de stagiaire : poireauter 3h dans un service tous les matins, en attendant de se faire valider son stage.
Et vous savez le pire ? Un jour, une amie à moi, comme elle n'avait rien à faire, est allée voir le chef de service pour savoir ce qu'elle pouvait/devait faire pour valider le stage.
Il lui a donné un truc à faire, assez rapide, en lui disant que ça suffisait pour qu'elle valide le stage. Et que si elle venait pas tous les jours, c'était pas grave.
Et vous savez quoi ? Il ne lui a pas validé son stage.
Et encore mieux ? Il y en a qui ne vont pas en stage tous les jours, en signant en avance pour les jours où ils ne sont pas là.
Et ceux-là, haha, ils valident.
Promotion de l'honnêteté, nous voilà.

Passons.
Parlons de la sixième année.
Au début, tout allait bien.
J'ai réussi à valider mes UE de P5 que je n'avais pas validées, tout en commençant ma 6 ème année, ce qui était une bonne nouvelle. Pas besoin de redoubler.
Bon.
J'ai raté les UE de P6 en première session, mais cette fois, entièrement de ma faute, soyons honnêtes, et il restait les rattrapages. (A savoir qu'ils ont quand même réussi à ne pas bien imprimer les sujets.)
Bon.
Je commence, guillerette, le stage de 6 ème année, toute joie de (enfin) toucher un (semblant de) salaire, et d'être immergée dans le monde du travail. Tout en révisant, donc, pour mes rattrapages.
Le jour des rattrapages, présente au RDV, je commence les épreuves, l'une me donne bon espoir, l'autre par contre, la catastrophe.
On tombe sur les crèmes solaires.
Chapitre que je n'avais pas revu.
Parce qu'il me semblait qu'on ne l'avait pas vu en cours.
Je demande autour de moi, je m'interroge ; tout le monde me confirme : ce n'était pas au programme.
Qui que quoi comment ?
On prévient les profs, on est prêt à repasser une nouvelle épreuve au besoin.
Que nenni.
On nous note sur l'épreuve.
Autant vous dire : l'hécatombe. Tout le monde redouble. (ceux qui ont passé les rattrapages, s'entend)
Comment ?! Armés de notre sidération, on prend RDV, avec les profs, avec le doyen, avec à peu près tout le monde.
On espère, soit repasser l'épreuve, soit pouvoir faire un stage de recherche puisque cette option était disponible les autres années en tant qu'UE.
Non, non, et re-non.
Aucunes de nos propositions ne sont acceptées.
Aucunes.
Vous m'expliquerez pourquoi le stage de recherche, accepté toutes les autres années, n'est soudainement plus une option valable, parce que moi, je n'en sais rien.
On se résigne.
Non sans réchigner.
On redouble.

6 ème année (bis).
On y va pas guilleret.
Mais on y va, il faut bien.
On nous a promis, l'an dernier, après nos réclamations, que l'année serait mieux structurée.
Avec de nouveaux cours.
Des certifications qualités et oxygène.
Des trucs miroitants de tous les côtés, quoi.
Alors oui, les certificats, on les aura.
Mais le reste ?
On doit repasser tous les cours (même ceux qu'on a déjà validés).
On a râlé, on a obtenu un petit gain de cause : quelques UE qu'on a déjà validées ne seront pas à repasser.
On repasse le reste. "Ce sont de nouveaux cours", qu'on nous dit.
Tu parles.
Mot pour mot la même chose que l'an dernier.
La motivation baisse d'autant, mais bon, il faut bien.
On va aux exams.
Et là, tadam. Rebelotte. Questions sans rapport avec le cours qu'on a eu. Et surtout dans un temps imparti beaucoup trop court comparé à la réponse qu'il faudrait donner de toute façon.
Oh mais j'oubliais : 2 semaines avant l'exam, les profs de ce cours ne savaient pas qu'ils devaient écrire un examen. Ah oui ?
Bref. On en parle immédiatement au doyen. Il semblerait qu'il nous ait entendu cette fois (on attend encore les résultats).

Mais maintenant, passons au pompon.
Une amie à moi n'a pas validé ses épreuves de stage l'an dernier.
Du coup, elle repasse là, en janvier.
Normalement, comme toujours, on ne passe que ce qu'on a pas réussi. Ce qui, pour elle, correspond à un oral de délivrance d'une ordonnance inconnue.
Les autres épreuves sont : reconnaissances de plantes et de matières premières, préparations pharmaceutiques, posologies, interactions médicamenteuses. Qu'elle a toutes réussies.
Pour être sûre de son coup, elle envoie des mails, et demande à plusieurs reprises si donc, elle n'a bien que cet oral à repasser.
On lui répond, à plusieurs reprises : "oui, oui, le reste est déjà validé pour vous".
Bien.
On en arrive à hier.
Mais que s'est-il passé hier ?!
C'est bien ma question.
Elle a reçu une convocation précisant qu'elle devait se présenter à toutes les épreuves.
Toutes.
Elle a eu confirmation (téléphonique) : elle est censée tout repasser.
Je vous laisse imaginer l'état dans lequel elle est.


Je pense que vous avez compris l'état dans lequel je suis.

"Parfois la famille, c'est pas les liens du sang, c'est ceux qui sont là quand tu as besoin de quelqu'un."

Welcome to our (not-so-secret) Underground Society.


INSTRUCTIONS
1. Stand up
2. Raise arms above head to make the shape of a mushroom cap.
3. Keep left hand on head, and slowly (aka “time lapse-like”) lower right arm, extended to shake a hand.
4. Say, "I'm a ‘Fun Guy’. How bout you?"
5. Try not to laugh. (Mushrooms are to be taken very seriously).
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What more could I ask for ?

Il faudrait que je vous raconte, un peu, l'Irlande.
C'était chouette.
Et y a tellement plein de trucs à dire.
Et c'était juste canon.

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Bonne année !http://flotte.cowblog.fr/images/20130103124831.jpg
 
Je vous laisse découvrir... THE moose. (Il est trop canon.) => ICI
À l'année prochaine ! (J'adore dire ça.)
J'ai osé mettre mon commentaire sur son blog, même si j'avais un peu peur d'être à côté de la plaque.
Gélule, c'est une blogueuse médicale.
Si vous ne la connaissez pas, cliquez ici, vous atterrirez sur son blog, et il en vaut le clic.
J'aime beaucoup sa façon de s'exprimer.
Alors voilà, je commente ici son article "M comme : ça fait Mal.", en réaction aux effusions récentes sur différents médias à propos "des médecins".




"Je lis toujours tes articles, et aujourd'hui, j'ai eu envie de réagir.

Je ne suis pas étudiante en médecine, mon frère l'est.
Je suis étudiante en pharmacie.
Et je suis aussi fille de médecin.

Quand on était petit, mon père rentrait tellement tard à la maison qu'on avait fait une pétition, un jour, pour qu'il rentre plus tôt.
Parce qu'on voulait le voir plus que 5 minutes avant de se coucher à 21h.
Mon père est médecin pneumologue dans une clinique privée, depuis plus de 20 ans maintenant.
Et rien de tout ça n'a changé.
Ses journées, c'est 8h-20h30, avec une pause de 30 minutes, parfois moins, le midi. Et encore il a de la chance : comme il est en cabinet, les gardes, c'est pas plus d'un week-end par mois.
Pourtant, on dit souvent que les médecins libéraux, ceux qui bossent en clinique, choisissent leurs horaires.
Bossent comme ils veulent, quand ils veulent, en somme.

La petite fille qui est encore en moi a envie de crier : "Mon père, je le vois toujours aussi peu."
Quand un patient est malade, il est toujours la priorité.
Qu'il soit 12h, qu'il soit 00h, on ne laisse mourir personne sans se battre. On ne rentre pas à la maison en s'en lavant les mains.

Il se plaint pas de son salaire, mon père, ça non.
Il se plaint pas du tout, d'ailleurs.
C'est juste moi, la petite fille, qui aurait pu apprécié que mon père soit là plus souvent.
Qui me dit que peut-être, si le travail n'avait pas été si dur, si le travail n'avait pas été si éprouvant pour lui, il aurait peut-être aussi été plus souvent de meilleure humeur en rentrant le soir. Ou le week-end.
Qu'il serait moins irritable, qu'il serait moins dans son bureau dès qu'il rentre à la maison.
Moi qui n'étais qu'une petite fille, je m'en foutais de l'argent qu'il gagnait, je m'en fous encore, même si c'est celui-là qui me permet de payer mes études.
Moi, j'aurais juste voulu qu'on fasse un peu plus attention à mon père.
J'aurais aimé passer un peu plus de temps avec lui.

Vous voyez, quand on parle "des médecins", on parle d'argent, on parle de mauvaise prise en charge, on parle de beaucoup de choses.
J'ai juste l'impression que, parfois, on oublie qu'on est tous humains."

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