Avoir peur, c'est avoir envie de vivre.

Il est dimanche, et je fous rien.
Je devrais bosser ma thèse, travailler pour mon permis bateau.
Si je dis aux gens que je fous rien, ils me disent, normal, après ton été, faut bien te reposer un peu.
Mais ça n'empêche que je fous rien.
J'ai un peu l'impression d'avoir perdu mon énergie, ces dernières années.
Ma vie a été chamboulée après mon voyage aux USA, j'ai commencé à saisir à ce moment-là que je voulais vivre autrement, que je n'aimais pas ma vie telle qu'elle était, mais j'en suis toujours là, à vivre exactement ce que je voulais éviter.
Je bosse dans une pharmacie, je rentre régulièrement chez mes parents, je m'engueule avec eux, mes jours de congés se passent soit dans le canapé, soit avec mes amis qui m'invitent.
J'ai l'impression d'avoir perdu mon esprit d'initiative, à part peut-être au boulot.
Je n'invite plus personne à la maison, à part s'ils s'invitent eux-mêmes, il est loin le temps où j'allais au bar toute seule pour rencontrer des gens.
Je m'en plains parce que j'aimerais bien retrouver cette vitalité que j'avais.
Je suis devenue refermée sur moi-même.
Je suis devenue ce que j'ai toujours voulu éviter.
J'ai l'impression de donner raison à mes parents, d'une certaine manière.
Quand ils me disaient que je pouvais pas tout lâcher et m'en aller.
J'en suis là pour eux, un peu, mais j'aurais pu tout lâcher et je l'ai pas fait.
J'ai l'impression d'être en contradiction avec moi-même et je ne sais plus ce que je voudrais faire de ma vie.
Je n'ose plus, j'ai rarement envie de quoi que ce soit à part peut-être de bouffe.
Je me suis mise à faire du sport chez moi dernièrement (des abdos, des pompes, tout ça tout ça), et j'ai l'impression que c'est juste pour me donner une excuse, pour me dire que je ne fais pas rien. C'est toujours mieux que de rien faire du tout, mais j'ai ce sentiment de culpabilité qui me reste dans la tête.
J'ai la flemme de tout.
Même appeler mon copain, ou lui envoyer des messages, ça m'arrive d'avoir la flemme, plus souvent que je ne me l'avoue.
Il a la motivation, lui. Il a envie de découvrir le monde, il a plein d'idées de voyage, de choses et d'autres, et pour tout dire, je suis un peu jalouse de lui.
Il a cet enthousiasme que je n'ai pas ces temps-ci.
Je ne dirai pas que je suis déprimée, non, j'ai juste l'impression de ne pas être à ma place.
Non pas qu'il y ait une place qui n'attende que moi, mais j'ai l'impression d'avoir tout faux.
D'avancer à reculons.
C'est idiot, parce que la vie marche en sens unique, pas de marche arrière.
Disons que j'ai l'impression d'être collée au siège et de passer à côté de tout.
Et j'en suis la seule cause, parce que je ne sais pas ce qui m'intéresse.
Parce que je ne trouve rien qui me fasse envie.
En fait, ce ne sont pas les idées qui me manquent, c'est l'intérêt, la motivation qui va avec.
Je suis incapable de faire quelque chose s'il n'y a pas un but précis derrière.
La course à pied, par exemple.
J'ai essayé de me mettre au footing, pour être physiquement en forme.
Résultat ? J'ai abandonné au bout de même pas un mois, parce que je voyais pas l'intérêt.
J'ai acheté un boomerang, en me disant que ça me donnera une raison d'aller me balader à la plage ou autre. Il est resté sur l'étagère depuis le jour où je l'ai acheté.
J'ai un diabolo, parce que j'aurais kiffé apprendre des figures cooles à faire avec. Il prend la poussière.
Je ne sais plus comment maintenir mon attention suffisamment longtemps sur une activité pour avoir un véritable intérêt qui se crée.
Je voudrais jeter mon boulot, jeter cette thèse à la c** qui me retiennent ici, et me barrer sur les routes.
J'ai l'impression que c'est le seul endroit où j'arrive à quelque chose, la route.
Conduire de place en place, parler à mon voisin dans l'avion, dans le train, prendre des covoits, des auto-stoppeurs.
J'ai envie de partir d'ici.
Loin.
Très loin.

Ou alors, je prends un chien. (Mais j'y connais rien, et je sais pas comment l'emmener au Canada après.)

Et puis ça n'aide pas, de vivre entre parenthèses, parce que je sais que je pars bientôt.
"It's the kind of feeling, you know, that if you give up, you're gonna regret it for the rest of your life, because it's your only chance to do it. If you miss it, if you don't take that one step, you're gonna be stuck forever, knowing that you could have gone for better, but forever scared to do so."

On ne peut pas, non, se dire "ce sera pour plus tard". Se dire ça, c'est tuer l'opportunité, c'est prendre le risque de se dire, pour le restant de ses jours et pour toute autre opportunité, "ce sera pour plus tard". Puis plus tard n'existe plus.
Missoula in the summer (maybe some PEAS Farm volunteering) - Sailing and hiking for sure.
Aerie Backcountry Medicine Program in Spring.
And maybe Au Pair or Pet-Sitting to be able to pay for it all.
And then, I will need a job.
And maybe, sometime, I will be able to think about the Alderleaf Wilderness School. Or should I do that instead of the Aerie Program?
One or the other.

But first, I need to take an appointment at the bank...
"I've been feeling a bit unaccomplished lately. I recently met a kid in his twenties who figured out a way to power lights in rural India by generating electricity from human shit."

I get you, dude...
Je viens juste de redécouvrir cette chanson, et elle m'a un peu remise sur pied, au milieu des révisions.
Je commence à comprendre que je vais peut-être bien ne pas réussir cette année.
ça me rend triste, parce que j'ai jamais été le genre de personne à abandonner.
Mais plus l'année avance, plus je me fais du mal à essayer de travailler pour quelque chose qui ne me convient pas.
Je suis en train d'entrer en dépression, la bonne vieille copine qu'on aimerait ne jamais revoir.
Et si faire pharmacie, ça veut dire ça, alors non de non.
J'ai peur.
Super peur.
Parce que je sais pas ce que je vais faire après ça.
J'ai encore 6 mois pour trouver.
Je veux repartir, là-bas (aux US) si possible.
Alors voilà.
Pendant ces 6 mois, je vais chercher à tout prix un moyen de faire ça.
Parce que la vie peut être belle.
Et je lui ai dit tout ce qui allait pas entre nous d'après moi.
Dont le fait qu'elle pense que j'ai pas d'amis.

Et aujourd'hui c'est aussi mon anniversaire, et je suis en train de le passer toute seule.
Voyez le paradoxe ?
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Il souffle dans ma tête et il fait tout tomber.
C'est un vent froid que le plus chaleureux des soleils ne saurait chasser.
Il prend au coeur, remonte jusqu'à la tête.
On perd la raison, et les larmes coulent, simplement.

Se noyer dans 3 cm d'eau.
Tomber de la falaise sans parachute.
Tout casser parce qu'on a plus la force.
Plus le courage.
De continuer, d'aller vers l'avant.

L'avant, c'est où ?
Nulle part.
Il n'y a pas d'avant, pas d'arrière.
Il y a juste maintenant.
Le choix que l'on fait à l'instant présent.
Seul.

On n'en voit pas le bout.
On suit le vent, et le vent tourne.
Alors on tourne en rond.
On regarde la voile, on en oublie le cap.
On regarde le cap, on en oublie la voile.

Oublie.
Oublie que ça ne sert à rien.
Continuer de te leurrer.
Il faut bien vivre...
on the way back from work, and he tried to send me his number on a napkin.
Never met him, never talked to him, but definitely beat him at his own game.
Drive-flirting is fun.
http://flotte.cowblog.fr/images/20140802163926.jpg
Le vent agite les fougères et les ajoncs sur l'île Milliau.
Il pleut en Bretagne, mais jamais très longtemps.
Comme dans le coeur des bretons.
Retour au pays.

Les drapeaux sont hissés,
les voiles sont dehors.
Tout est histoire d'équilibre.
Disent-ils autour d'un martini.

On rit beaucoup, on chante un peu.
On saute à pieds joints dans les vagues,
on fait l'étoile de mer à fleur d'eau.

C'est jour de repos.

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