Avoir peur, c'est avoir envie de vivre.

Pour toutes ces petites choses qui se sont accumulées, et que jamais, jamais, elle n’a rien fait pour changer.

Sa vie est toujours dure. Plus dure que les autres. Faut surtout pas lui dire l’inverse.

Y a que son mari qui travaille, donc un seul salaire, mais quel salaire : 80 000$ par an. Mais non, c’est pas assez pour vivre, c’est beaucoup trop dur de vivre avec une telle somme d’argent aux USA. Alors je me suis amusée à regarder le coût de la vie dans leur région.

Oui, c’est nul de faire ça, de décortiquer tout ce qu’ils disent. Mais je peux plus leur faire confiance. Ils disent des demi-vérités 90% du temps. Par exemple, exemple idiot, elle me dit que pour le boulot aux USA, il faut absolument porter des chaussures noires à talon en tant que femme, sinon on a pas l’air pro et on a pas de boulot. Et elle insiste quand je dis que c’est pas tout à fait ce que j’ai constaté. Après x voyages aux USA, et sans m’être attardée sur la question, je peux dire que de visu, c’est pas vrai. Mais non, mon expérience ne vaut rien, et je suis française donc je peux pas savoir, j’imagine. Alors oui, des chaussures noires à talon ont l’air pro, c’est pas la question. Mais c’est pas le seul choix pour les femmes qui travaillent aux USA…

Résultat des calculs mentionnés plus haut ?

Le coût moyen de location d’un logement est plus cher qu’en France, ça je m’y attendais parce que même dans les petites villes, c’est exorbitant, alors près de Washington… J’ai trouvé 2000$ par mois en moyenne sur plusieurs sources. Il faut relativiser, parce que c’est une moyenne englobant toutes les locations, les meilleures et les pires. On va admettre donc qu’ils paient 2000$ par mois pour leur appart, ce qui, pour un T2, est tout à fait concevable d’après ce que j’ai vu dans leur zone. Matt, celui qui travaille, a tous les bénéfices inclus dans son contrat, donc rien à payer pour l’assurance santé, ni pour la retraite, d’après ce que j’ai compris. L’avantage de vivre aux USA, c’est que quand tu gagnes rien, tu dois tout payer, mais quand tu gagnes bien, tu payes rien. Z’avez vu la logique ? Pour l’essence et pour la bouffe, c’est pas plus cher qu’ailleurs vers chez eux. En plus, Matt habite assez près de son boulot pour y aller à pied. (Un américain qui marche, attention !! ‘Sentez l’amertume que j’ai envers eux ? Du tout, du tout.) Les abonnements téléphones et internet coûtent relativement chers, donc admettons qu’ils paient plein pot (sachant qu’en vrai y a des packages et que les prix sont probablement plus bas chez eux que chez mes beaux-parents qui vivent au milieu de nulle part), 200$ par mois reste une estimation assez large (60$ chacun pour le téléphone, 80$ pour internet). L’eau et l’électricité sont souvent plus chers qu’en France aussi, admettons encore 300$ pour être bien large. Au total, vous constaterez qu’en dépenses obligatoires, on en est à 2500$. L’essense et la bouffe, j’ai pas estimé parce que personne a le même budget. En ramenant le salaire à 12 mois, il leur reste un peu plus de 4000$ par mois pour faire tout le reste. 4000$. C’est 1500$ de plus que le mien (et j’ai pas enlevé le loyer ni rien du mien !!), et je trouve que je suis bien payée et pas à plaindre, et si je devais commencer à me plaindre, c’est que je sais pas gérer mes sous. Alors oui, c’est un salaire français, donc coût de la vie plus bas, et j’ai pas d’enfant, donc je paye que pour 2. Toutàfait. Je reste scotchée de les entendre se plaindre à tour de bras d’être en galère financière.

Pour comparer à un autre salaire américain dans une situation relativement classique dans ce pays, quand mon mari était aux USA et que je le rejoignais, il gagnait 400$ la semaine (donc environ 1200$ par mois), le loyer était de 350$ par mois en colocation dans une maison (c’était 800$ par mois minimum pour une petite maison de 40 mètres carré sinon), avec internet, électricité et eau non inclus, dans une petite ville (90 000 habitants). Il fallait payer l’assurance santé et le téléphone en plus. Il nous restait – disons – 700$ pour tout le reste (Et je crois que je sous-estime les charges parce que je me souviens plus). ET ON S’EN SORTAIT CORRECTEMENT. C’est là que d’après moi on s’approche du cœur du problème : ILS SAVENT PAS GÉRER LEURS SOUS. Nan, mais ça va bien de se plaindre quand on a 4000$ à dépenser à qui mieux mieux.

Tiens, pour illustrer qu’ils ont aucun sens des économies : ça faisait un moment que mes beaux-parents n’avaient plus accès à internet, parce qu’ils sont tellement à pétaouchnok que y a plus de compagnies internet chez eux. Ils (ma belle-sœur et son mari) ont donc décidé qu’ils allaient s’atteler au problème, parce que c’est primordial de pouvoir skyper avec Ari, leur fils (vital même ! Au point de pas pouvoir attendre quelques mois ! ça faisait déjà un moment que ça durait, alors bon quelques mois de plus ou de moins… Le téléphone existe encore !!). Nous, on leur avait expliqué qu’on avait une solution, on allait prendre un téléphone français (qui permet de faire un hotspot) et mettre un abonnement internet américain dessus, parce que c’est ce qu’on fait quand on va chez eux pour avoir internet, et ça marche très bien, et ça leur aurait coûté 55$ par mois. Chelsea, ma belle-sœur, n’a pas su attendre qu’on arrive avec le téléphone français, donc elle a voulu le faire elle-même avec un téléphone américain, alors qu’on lui a expliqué que les téléphones américains bloquent la fonction hotspot sauf en payant un extra qu’on voulait éviter. Elle se lance, leur achète un premier téléphone qu’elle envoie directement chez eux avec une carte d’abonnement pour un forfait téléphonique. Oubli de sa part, j’imagine (même si j’ai du mal à imaginer qu'on puisse oublier ça) : ils sont très très nul avec l’électronique, et donc ils ne savent pas mettre ça en place, et en plus, le téléphone a un problème. Retour à l’envoyeur, sauf pour la carte d’abonnement. Deuxième essai, rebelotte. Troisième essai (il en faut !! Et pendant ce temps, on continue de lui dire qu’elle a pas besoin de le faire, on le fera quand on sera là, on sait exactement ce qu’il faut faire), elle commande un téléphone chez elle et une nouvelle carte d’abonnement, comme l’autre n’est plus valable à force de trifouiller avec (hop, au moins 60$ de partis à la poubelle !). Alors en l’occurrence, aucune idée de ce qu’il s’est passé avec ce téléphone, mais faut croire que ça convenait toujours pas, parce qu’au final, elle leur a acheté le dernier iPhone, tout beau tout neuf. Un IPHONE, nom de Zeus !! Ils y connaissent rien en électronique, et ça coûte une fortune !!!!! C’est sûr qu’à force d’avoir acheté 10 téléphones différents, les 4000$ dont on parlait plus haut, ils partent vite !! Mais alors quand c’est un iPhone, qui coûte – allez soyons gentils – 900$ à l’achat sans abonnement, ça m’étonne encore moins !! Tout ça pour qu’ils aient internet seulement 2 semaines avant notre arrivée aux USA, et en plus, un internet qui leur coûte plus cher que prévu puisque c’est 80$ par mois… Nan, mais bravo Chelsea, le sens financier, tu l’as à fond !! Rappelons que ses parents sont à la retraite, et que même s’ils ont une retraite très correcte, eux ils ont pas 4000$ à balancer par la fenêtre tous les mois. C’est qu’un exemple, j’en ai des milliers d’autres. Eh, au fait, une de leurs raisons pour un iPhone, c’est que comme ça, ils peuvent faire du FaceTime (application apple j’imagine), parce qu’eux aussi ont des iPhones. LA bonne raison ! Allez, nous aussi on va acheter un iPhone alors, apparemment c’est le seul moyen pour pouvoir appeler des gens en vidéo. (sarcasme, quand tu nous tiens.)

Autre exemple. Genre quand ils sont venus en France, qu’ils avaient « pas de sous », mais que dès le premier jour, ils ont retiré 800 euros à dépenser partout. C’est pas ce qu’on appelle pas de sous chez moi, à l’époque ça correspondait à la moitié de mon salaire mensuel. Moi aussi, je veux bien ne pas avoir de sous, dans ce cas. Foutage de gueule. Et impossible de les faire relativiser, si on leur touche même un seul mot sur leur façon de dépenser, tout de suite, on se prend des commentaires bien placés, genre « tu peux pas comprendre, tu vis pas aux USA », « La vie en France est tellement plus facile », etc. En gros : nous, parce que la vie est généralement moins chère en France, on a forcément une vie facile, et eux ils ont la vie dure parce que c’est les USA, point. Le débat (si on peut appeler ça un débat) s’arrête là.

Alors ne parlons surtout pas du fait qu’ils aient un bébé, maintenant. Ari a maintenant un peu plus d’un an, et Chelsea nous a fait une grosse déprime (qu’elle a auto-qualifiée de dépression post-partum) parce que ça fait un an qu’elle s’occupe d’Ari, et que vraiment la vie est trop injuste, et c’est pas drôle. Non, avoir un bébé, c’est pas toujours drôle. Oui, elle a fait le choix de rester à la maison pour s’occuper de lui. C’est son choix, pas une obligation. Quand elle se plaignait (déjà !) 6 mois avant parce qu’elle était coincée à la maison avec (à cause de ?) son bébé, et que j’avais demandé s’ils avaient pensé à la créche ou la nounou, j’ai cru que le ciel allait me tomber sur la tête ! Premier argument, les sous : « nan, mais tu te rends pas compte, ça coûte beaucoup trop cher, c’est au moins 40 000$ à l’année ! » Alors, remettons les choses en place, parce que ça a beau être les USA, une nounou ne gagne certainement pas 40 000$ en gardant juste un bébé. Dans leur région, c’est 1500$ par mois (18 000$ par an donc), en prenant large, pour une garde en établissement privé, tous les jours de la semaine, toute la journée. On est quand même loin des 40 000$ par an, et j’ai pas pris le bas de gamme ! Vous en voulez plus ? Si elle travaillait, c’est-à-dire si elle enseigne 2 classes par an à l’université (et ça vient directement de sa bouche à elle), elle gagne 40 000$ par an. Mais du coup, tu comprends, ça vaut pas le coup de travailler si c’est juste pour payer la nounou, tu comprends ?... Eh, c’est 2 classes dans l’année = 4h par semaine, de qui se fout-on ? C’est pas du tout une histoire de fric, CQFD.

Mais c’est pas fini ! L’autre argument, c’est que « tous les bébés qui vont en crèche ou chez la nounou sont déglingués après coup, ils sont tout le temps tristes et ils vont pas bien dans leur tête ». WHAT ??! Mes frères et sœurs ont été chez la nounou quand ils étaient jeunes (moi pas, au bout de 4 gosses mes parents se sont dits qu’en effet, c’était plus facile d’avoir quelqu’un qui reste à la maison avec les enfants), et ils vont très bien, merci. (Même mieux que bien.) Un GROS paquet d’enfants français et américains vont chez la nounou et vont très bien ! C’est un bon moyen de sociabiliser l’enfant, de lui construire une immunité, de le sortir du cadre de la maison pour l’habituer à ne pas toujours être avec ses parents, il y a plein d’arguments pour. Il y a aussi des arguments contre. Mais de là à dire cash que les enfants qui vont chez la nounou sont complètement « messed up » (je crois que c’est le mot qu’elle a utilisé), faut pas exagérer !  

Et c’est toujours pas fini ! Un autre argument, c’était la difficulté de trouver une crèche ou une nounou. Ce qui sur le coup me paraissait un argument valable vu la situation en France. Après qu’elle m’ait sorti tout ça, avec mes yeux qui devenaient de plus en plus ronds (mais j’étais fière, j’ai pas insisté, et pourtant j’avais très envie), elle a continué de se plaindre qu’elle était « obligée » de rester à la maison pour s’occuper de son fils pendant les 6 mois suivants, jusqu’à ce qu’elle finisse par faire sa grosse crise mentionnée plus haut, parce que vraiment, personne comprend son malheur, et c’est horrible sa vie, elle a pas de sous, et elle a même pas eu le temps de prendre un bain de puis la naissance d’Ari (on y reviendra). Et qu’est-ce qu’elle finit par faire ? Mettre son gamin à la crèche 2 jours par semaine, haha ! Et combien de temps ils ont mis pour trouver une crèche ? 2 semaines maxi !! Oui, c’est vraiment dur de trouver une crèche. Mon frère a cherché pendant au moins 3 mois, en envoyant des demandes à plus d’une centaine de nounous et crèches, mais vraiment, chercher 2 semaines, c’est trop dur. WTF.

Revenons-en au bain. Être maman, ça prend du temps. T’as un bébé, qui a beaucoup de besoin, et qui peut pas s’en occuper tout seul. C’est pas nouveau. Et, soit dit en passant, j’admire les parents, parce que moi je pourrais pas (d’ailleurs, je veux pas de gosses). Par contre, faut pas exagérer non plus, ça veut pas dire que tu n’as jamais jamais 5 minutes à toi en une année. Et très franchement, c’est exactement ce qu’elle veut nous faire croire : c’est du 24/24, 7/7, et tu fais rien pour toi. D’une certaine manière, je comprends pourquoi elle dit ça : en effet, il faut toujours avoir un œil sur le gamin. Mais, bondiou, t’intègres le gamin à ta vie, pas l’inverse ! Sa belle-mère lui avait donné un conseil au tout début que j’avais trouvé très bon, et qu’elle a apparemment pas saisi du tout : « fais tout avec ton enfant ». Moi, j’entends : vis ta vie, avec ton enfant. Si tu veux prendre un bain, prends un bain, tu peux le mettre dans son couffin dans la salle de bain pendant 15 minutes le temps d’en profiter, il va pas en mourir. Ou même, tu le mets dans le bain avec toi. Y a plein de solutions, faut réfléchir un peu ! T’as pas besoin de jouer avec le gamin à chaque seconde de sa vie. Une fois, elle m’a envoyé un message me racontant sa « dure » journée : elle avait fait la lessive, elle allait chez le médecin pour elle, puis dans l’après-midi il a fallu qu’elle aille chez le médecin pour Ari, et elle a regardé une série à la télé. Et après, elle dit qu’elle a jamais une minute à elle. Si regarder une série, c’est pas avoir du temps pour soi, je vois pas ce que c’est. ‘Fin, je suis désolée, mais l’apitoiement sur soi, ça va 5 minutes, à un moment, faut aussi arrêter de se regarder le nombril !

Oh mon dieu, il faut que je vous parle des questions « pas personnelles » qu’elle pose. Parce que c’est un GROS problème que j’ai avec elle, et je lui ai dit plusieurs fois que non, ça ne me mettait vraiment pas à l’aise, et au risque de me tromper, je pense pas être la seule. Genre, la dernière fois qu’on l’a vue, elle m’a demandé « quel est le meilleur cadeau que mon frère (qui est mon mari) t’ait fait ? » Mais euh, en quoi ça la concerne ? Elle m’avait déjà demandé d’autres choses, du style « pourquoi t’aimes mon frère ? » Et quand je lui ai dit que je trouvais ça super gênant, elle m’a répondu « Je me rendais pas compte que c’était personnel ». EUH ? C’est moi ou … ? Et c’est ça le pire, j’en suis à me demander si c’est moi qui suis complètement con ! Et elle en pose tout le temps, ça ne s’arrête jamais !!

Et puis les conseils qu’elle demande mais qu’en fait elle veut pas de conseils. Ah ça. Elle pose des questions à tout le monde, d’après elle c’est le cœur de sa personnalité, et si on lui dit que c’est chiant, c’est qu’on ne l’apprécie pas pour qui elle est. Mais quand on lui répond, elle pète un câble, ou alors elle entend la réponse mais en fait elle s’en fout. Exemple simple (et je dis simple, parce que je veux pas rentrer dans les histoires où elle s’est mise à appeler les parents de son mari pour parler de ses problèmes avec lui !! Mais QUI fait ça, QUI ?! Bien sûr que les parents vont défendre leur gamin ! Plus awkward, tu meurs !) – exemple simple donc : elle a la peau sèche sur le visage, pas la fin du monde, mais ça peut être énervant. Elle m’a demandé des conseils, je lui ai répondu comme j’ai pu sachant que les marques aux USA sont pas les mêmes qu’en France donc je connais pas la qualité, ce que je lui ai précisé, et aussi que je ne suis pas une spécialiste cosméto même si j’ai quelques connaissances, ce que je lui ai précisé aussi. Bref, j’ai trouvé que j’avais bien résumé au final les étapes à essayer au fur et à mesure, en commençant par arrêter le savon, et laver le visage à l’eau ou lait micellaire, puis si besoin une crème. Et si ça suffisait pas d’essayer plutôt un baume, ou de mettre un sérum sous la crème. Etc, etc, je vais pas refaire tout le conseil, mais c’est le principe de base. Quand je la vois la fois suivante, elle avait juste essayé la première étape, avec le premier produit qu’elle avait acheté lorsque je lui avais expliqué le principe face au rayon, pour arrêter complètement quelques jours après, et elle était aller voir un dermato qui lui avait conseillé un savon écrit en gros « numéro 1 conseillé par les dermatos » au supermarché. Et je crois même qu’elle a été en voir plusieurs, des dermatos, tout ça pour avoir toujours les mêmes problèmes, ce qui ne m’étonne pas du tout, parce que, sans vouloir les vexer, je suis pas sûre que les dermatos aient une formation cosméto, et là, c’est clairement de la cosméto. Y a pas de patho, c’est pas de l’eczéma, du psoriasis, ou autre affection cutanée requérant un traitement médicamenteux. Les pauvres dermatos qui se la coltinent…

Parce que oui, elle remet tout le monde en question (sauf elle-même, han je suis méchante, mais elle m’énerve), et du coup, quand elle prend un avis médical, elle en prend 10. Et si elle leur parle comme elle a pu me parler, alors ça ne m’étonne pas du tout que son impression des professionnels de santé soit qu’ils ne l’écoutent pas. Perosnnellement, je pense qu’ils en ont marre de toutes ses petites remarques qu’elle a sur absolument tout, avec son air sceptique et dépréciant. Parce qu’il faut voir son expression quand elle entend la réponse aux questions qu’elle pose ! Elle en croit évidemment pas un mot, et la première chose qu’elle fait quand elle arrive chez elle, c’est d’aller vérifier sur internet (elle m’a dit à plusieurs reprises qu’elle avait en effet vérifié mes réponses et ça correspondait à ce qu’elle avait trouvé sur internet). Ah, oui, les médecins doivent l’adorer ! Mais le pire c’est que même si ça correspond à ce qu’elle trouve sur internet, elle change pas du tout sa façon de vivre : elle en est toujours à se savonner le visage (vive les rougeurs !) et par exemple, elle a lu pleeeein de choses sur l’écologie dernièrement (c’est moi qui avais commencé une discussion avec elle là-dessus), mais non, elle continue à acheter des mini-bouteilles plastiques alors qu’elle a peur du plastique pour sa santé.

Oh les bouteilles et les produits chimiques qu’elle-aime-pas-mais-qu’elle-utilise-quand-même-parce-que-c’est-vraiment-trop-compliqué-de-changer. Je vous ai déjà dit que sa vie était très dure ? Ce qui m’a le plus choquée, c’est cette fois où, pendant une visite en France (elle était enceinte), on lui avait acheté des packs d’eau minérale (elle a pas confiance dans l’eau du robinet) et on repassait à la maison juste 30 minutes avant de repartir ailleurs. Il a fallu qu’on monte les packs d’eau avec nous, parce que les laisser dans la voiture pour 30 minutes, c’était prendre le risque que des molécules de plastiques passent dans l’eau parce qu’il faisait trop chaud. #Princesse. Elle boit de l’eau en bouteille depuis des décennies, je crois que c’est trop tard pour s’inquiéter, non ? Et quand je lui signale que c’est quand même très paradoxal qu’elle ait si peur du plastique mais qu’elle fasse rien pour changer ça… Ouaip, pendant 2 jours, elle a essayé une bouteille réutilisable. J’y ai cru. J’aurais pas dû. Vous savez qu’à chaque fois qu’elle rend visite à ses parents, ils font des courses exprès pour elle, pour lui acheter ses petites bouteilles d’eau ? Et qu’à chaque fois, ils se font mal au dos, à porter tous ces packs de bouteilles de 50cL dans la maison ? Ah oui, la santé de Mme Chelsea est très importante, celle des autres par contre…

Oh, je vous ai pas raconté comment Mme s’inquiète pour mon sommeil ? J’ai toujours un sommeil assez agité, et je dors suffisamment mal pour avoir de manière relativement régulière des vertiges en journée. J’aime pas ça, du coup, j’essaie de mettre toutes les chances de mon côté quand je vais au lit : j’éteins les trucs qui font du bruit, je cache les petites lumières de l’électronique, etc, etc. Chez mes beaux-parents, le sèche-linge est juste à côté de notre chambre, super bruyant donc. Mme était pas contente parce que j’ai éteint le sèche-linge, qui était en route avec sa lessive à minuit, et qui m’empêchait de dormir. Quand son frère lui dit le lendemain (Oui, j’ai préféré que ce soit lui qui dise, j’ai pensé que ça passerait mieux), sa première réaction a été de faire la gueule, parce que « si c’est pas sec, je vais devoir tout refaire, merci hein ! ». Alors même qu’on lui avait précisé qu’on avait vérifié et que c’était sec ! Quelques mois plus tard, elle ose me dire qu’elle s’inquiète en permanence pour mon sommeil, parce qu’elle sait que j’ai souvent du mal à bien dormir… !!!

Et le stress qu’ils ont causé à ses parents… Si vous avez suivi, vous avez compris que, un peu après le premier anniversaire d’Ari, elle a fait une grosse crise parce que la vie est dure, etc etc. Elle a commencé à parler en termes qui nous ont fait croire qu’elle était maltraitée psychologiquement par son mari. Un truc bien sérieux, quoi. C’est à cette époque qu’elle a passé des coups de fils à droite à gauche, y compris à la famille de son mari pour dire comme elle était mal dans sa vie, et comme son mari la traitait mal. Ne ratez pas ça, je répète : y compris à la famille de son mari !! Elle était toute étonnée de les entendre prendre sa défense apparemment (au mari, hein), autant le frère que les parents, et de s’entendre dire qu’il fallait (attention, apparemment je suis pas la seule à le penser) qu’elle apprenne à gérer ses sous, et qu’il fallait qu’elle arrête de se croire la plus misérable du monde. Et pendant ce temps-là, ses parents à elle se rongeaient les ongles jusqu’au sang de penser que leur fille pouvait être maltraitée, à en perdre le sommeil, et pétaient un câble quand Matt (le mari en question) s’est mis lui aussi à appeler tout le monde et n’importe qui pour leur demander comment gérer la situation et leur demander (oh, l’erreur !) de l’aider à convaincre Chelsea de voir un psy. Tout ça pour finir avec Chelsea qui décide d’aller passer une semaine chez ses beaux-parents avec son fils (la fausse bonne idée !), puis change d’avis pour décider finalement d’aller chez ses parents à elle (c’est eux qui payent le billet bien sûr, parce que vous comprenez, ils sont dans la mouise financièrement…), puis en fait re-changer d’avis pour aller finalement chez les beaux-parents. Imaginez les parents. Imaginez-vous avec votre fille, 34 ans, qui vous fait un coup pareil. Rajoutez là-dessus que le papa a des soucis de santé d’origine inconnue, mais jamais je n’ai entendu que le stress et le manque de sommeil était bon pour la santé. J’avais envie d’en pleurer. Imaginez-vous Stoy, mon mari, frère de Chelsea, qui suit tout ça de plus ou moins près, qui se pose les mêmes questions de maltraitance et en plus, voit ses parents s’inquiéter comme jamais, et qui s’inquiète pour son père, en se demandant si le stress va pas redéclencher ses soucis de santé (de l’ordre de syncopes d’origine inconnue), et qui finit par passer ses nuits collé à son téléphone par inquiétude. Et elle, qui nous appelle nous aussi, sans prendre le temps de penser au décalage horaire, donc à des heures pas possibles plusieurs nuits d’affilée.

J’ai fini par lui envoyer un message clair lui expliquant qu’on pouvait pas vivre comme ça, et que je pensais qu’elle pouvait comprendre. Sa réponse ? J’essaie de la séparer de son frère et de détruire leur relation. On peut être plus nombriliste que ça ? Au téléphone, quand Stoy a essayé de lui expliquer (probablement plus gentiment que moi), elle a continué sur le fait que j’essayais de les séparer et elle a enchaîné en disant que franchement, si on pouvait pas supporter une nuit sans sommeil pour elle, c’était minable, parce qu’elle, ça faisait 2 semaines (elle a tendance à l’exagération si vous aviez pas encore remarqué, donc j’ai un doute sur la véracité des faits) qu’elle dormait pas, et on pourrait comprendre quand même. Vous vous souvenez qu’elle « s’inquiétait » pour mon sommeil ? Vous vous souvenez que j’ai régulièrement des vertiges par manque de sommeil ? Le jour où je lui ai envoyé ledit message, je devais aider ma sœur à déménager, et j’avais des vertiges par manque de sommeil à cause de ses histoires à elle. Stoy n’avait pas des vertiges, mais il n’en pouvait plus non plus après plusieurs nuits d’inquiétudes, accroché au téléphone. Je lui demandais simplement de considérer qu’on avait une vie, et que là, ça allait trop loin. Vous savez qui s’est excusée ? Pas elle. Jamais. Je lui envoyé un message directement après, pour lui dire désolée - je n’ai jamais eu droit au même traitement. Mais elle pense à nous, bien sûr.

Oh, et je vous ai pas dit leur position sur l’alcool et le tabac, et la façon qu’ils ont de poser des questions là-dessus qui montre que vraiment, ils en ont rien à foutre de comment tu peux te sentir, et que la réponse les intéresse seulement pour pouvoir juger de ta valeur dans leur tête. Dans la rue, ils hésitent pas à montrer leur dégoût de la cigarette aux gens qui fument, et ils vont même parfois parler à la personne pour l’engueuler. C’est bien connu, c’est la meilleure approche pour encourager quelqu’un à arrêter de fumer. Une fois, ils m’ont demandé ce que je pensais de l’alcool pendant la grossesse. Je suis du genre à relativiser la dangerosité dans les limites du raisonnable, c’est-à-dire que je pense qu’un demi-quart de verre à Noël, nouvel an, ou à un mariage, c’est pas excessif. C’est mon avis personnel. Au boulot, en tant que professionnelle, je ne dirais jamais ça à une patiente, et quoi qu’il arrive, j’essaierais de ne pas la faire se sentir coupable, et juste de l’encourager à ne pas boire. C’est exactement ce que je leur ai dit. Ooooh, quelle erreur de ma part, les regards que j’ai reçus… Plus jamais, jamais, je ne donnerais une réponse honnête à une de leur question. Plus jamais. J’ai pas l’intention d’être décortiquée et jugée pour chacun des opinions que j’ai, sans aucune considération pour mes sentiments personnels.

Plus jamais.

J’en suis au point où la réaction de Chelsea au téléphone était presque prophétique : je ne veux pas les voir, et je ne veux pas leur parler, et je ne supporte plus non plus de savoir qu’elle appelle son frère et qu’elle demande à ce qu’il vienne lui rendre visite. C’est son frère, je ne veux pas l’empêcher de la voir, mais qu’est-ce que c’est devenu difficile à accepter pour moi. À chacun de ses appels, c’est une engueulade entre lui et moi qui arrive. Et c’est totalement ma faute, pas celle de Stoy.

Dernièrement, elle s’est mise en tête qu’elle voulait que Stoy vienne la voir à Thanksgiving. C’est suite à une demande de notre part, parce qu’on voulait savoir si elle allait rendre visite à ses parents pour Noël ou Thanksgiving, et coordonner les dates. Elle, elle a pas dû comprendre que c’était l’un ou l’autre, pas les deux. On revient d’un grand voyage, on a pas encore de boulot, donc pas de salaire, et on prend déjà un risque en prenant des billets pour une période où les offres d’emploi sont justement nombreuses, tout ça pour coordonner avec ses dates à elle (ce qu’on fait chaque année) : Noël. Après avoir pris nos billets, elle nous a envoyé un message puis demandé à nouveau par téléphone si Stoy pouvait venir à Thanksgiving ou autre. Mais elle croit quoi ? Que parce qu’elle a un emploi du temps super flexible (et Matt aussi relativement parlant), le reste du monde est pareil ? Elle paierait pour la bouffe et tout ce dont il y a besoin sur place. C’est bien joli, mais tu vas peut-être lui trouver du boulot à mon mec, aussi ? lui payer ses congés ? Son billet d’avion ? Et les chiens pendant qu’il est pas là ? Parce que si je bosse, je pourrais peut-être pas rentrer le midi pour les sortir ! Et puis moi, aussi ! Super sympa de penser à moi. Aucune mention de faite, rien. Même si j’aurais été la première, si ça avait été possible pour Stoy, à proposer qu’il y aille sans moi parce que je veux pas la voir, c’est toujours sympa de se faire shunter de manière si obvious ! J’étais juste à côté pendant l’appel, et le message, elle l’a envoyé à tout le monde (Matt, Stoy et moi). Super délicat ! Mais bon, c’est surtout pas awkward de recevoir des vidéos d’elle sur la messagerie de groupe avec ses parents où elle explique qu’elle vient d’avoir une engueulade constructive avec son mari, mais que tout va bien, et qu’elle aime tout le monde. Nombriliste un jour, nombriliste toujours !

Eh, vous voulez la meilleure ?

Elle a un master en « communication ».

J'ai (enfin) passé ma thèse.
On a acheté un van, il y a un mois, et on l'aménage pour voyager autour de l'Europe.
J'ai un CDD en février, pour 8 mois.
Dans une petite pharmacie de campagne en plus, où ils préfèrent passer du temps avec les patients que vendre des boîtes.
On va potentiellement au ski pour 1 semaine grâce à mon frère en janvier.

Ca, c'est les hauts.

Et puis y a les bas.

Je suis mariée, mais je suis pas sûre que ça se passe méga bien.
ça fait plus d'un an qu'on est 24/24 7/7 ensemble (et j'entends littéralement 24/24 comme on bosse pas encore), et j'ai du mal.
J'ai besoin de respirer, d'un peu d'espace et je sais pas comment lui dire sans que ça fasse mal.
J'ai besoin qu'il prenne en charge un peu plus que juste les tâches ménagères, et seulement quand ça devient hors de contrôle.
J'ai besoin qu'il s'énerve pas sur mon chien parce qu'il joue avec sa balle le matin au réveil.
Oui, il veut dormir, mais il fait que ça, dormir.

En attendant, c'est moi qui cherche un logement.
C'est moi qui me renseigne pour une cérémonie de mariage (on l'a jamais fêté ce mariage).
C'est moi qui cherche un boulot.
C'est moi qui lui dit qu'il faudrait peut-être qu'il cherche du boulot, ou quelque chose à faire dans sa vie.
C'est moi qui lui dit que non, ce mois-ci, on peut pas se payer ceci ou cela.
J'suis la raisonnable, la méchante, celle qui rappelle les trucs pas cools de la vie depuis plus d'un an, et j'en peux plus.
Et j'ai envie de me faire plaisir, et je peux pas.

Et ça me bouffe...
Y a le "drame" du lévothyrox, et tous les patients qui paniquent.
Très franchement, il suffit grosso modo de réajuster la dose.
D'accord le effets indésirables sont gênants, parfois même invalidants.
Cela dit, une fois la dose réajustée, je suis à peu près sûre que tout revient à la normale.

Y a la loi Travail.
Je l'ai pas lue, je vous avoue.
Et je m'en fous complètement de cette grève.
J'en ai marre des grèves et des gens qui râlent.
C'est important de râler (d'ailleurs, je suis en train de le faire), mais zut.
On peut aussi discuter.
Et j'en ai juste marre des grèves, et de la démonisation de la politique.
Les politiciens sont pas tout blancs, mais ils sont pas tout noirs non plus.
D'ailleurs personne l'est, alors bon, personne n'a tort et personne n'a raison.
Y a plusieurs façons de voir les choses et c'est tout.

Y a l'attaque de Las Vegas.
ça me donne envie de pleurer.
Comment, mais COMMENT c'est possible que y ait encore une majorité des gens aux USA qui pensent qu'il faut déréguler encore plus l'accès aux armes après ça ?
"Si des gens avaient portés des armes, ils auraient pu se défendre."
C'est ce qu'ils ont dit sur le Bataclan.
Preuve que non, parce que vous pouvez être sûr (peut-même d'autant plus à Las Vegas) qu'il y avait des gens armés dans la foule.
Par contre, personne ne s'étonne que le tireur ait eu accès à tant d'armes à feu, dont des armes dites "de guerre".
Mais faut qu'il y en ait combien, des mass shootings ?
J'ai envie de leur hurler à la figure, ces gens-là.
C'est pas la solution, mais bon.
Je sais pas quoi faire.
J'en ai eu des débats sur les flingues là-bas, avec le père de mon mari même.
Ils y croient pas, à la régulation des armes à feu.
Pas du tout.
Prout.

 - Steve Berry
Il faut que je vous raconte ma vie, un de ces jours.
Il s'en passe des choses.

Ca va être le grand saut de l'autre côté de la marre.
J'ai fini mon contrat, je suis "en vacances", le billet d'avion est pris pour le 23 novembre.
Mon copain est là, il faut encore que je trie mes affaires, on a prévu un road trip vers l'Espagne avant le départ.
Je stresse, à mort, parce que j'ai plein de trucs à finir avant le départ, sans compter le voyage en Espagne.
J'ai rien le temps de faire.
Ca me fatigue.
Et aujourd'hui, j'ai voulu m'inscrire pour le chômage, et évidemment, il faut aller à un rdv, mais évidemment, ils en proposent pas avant mon départ.
Fu**.
Bref.
Je suis crevée, j'ai pas envie.
Une pause, pleeaaase.
Juste un peu.
(Demain, quoi, comme on part lundi.) (Ah non, demain faut nettoyer la maison.) (Flûte.)
J'ai même plus envie d'aller en Espagne avec tout ça.

BREF.

Il est dimanche, et je fous rien.
Je devrais bosser ma thèse, travailler pour mon permis bateau.
Si je dis aux gens que je fous rien, ils me disent, normal, après ton été, faut bien te reposer un peu.
Mais ça n'empêche que je fous rien.
J'ai un peu l'impression d'avoir perdu mon énergie, ces dernières années.
Ma vie a été chamboulée après mon voyage aux USA, j'ai commencé à saisir à ce moment-là que je voulais vivre autrement, que je n'aimais pas ma vie telle qu'elle était, mais j'en suis toujours là, à vivre exactement ce que je voulais éviter.
Je bosse dans une pharmacie, je rentre régulièrement chez mes parents, je m'engueule avec eux, mes jours de congés se passent soit dans le canapé, soit avec mes amis qui m'invitent.
J'ai l'impression d'avoir perdu mon esprit d'initiative, à part peut-être au boulot.
Je n'invite plus personne à la maison, à part s'ils s'invitent eux-mêmes, il est loin le temps où j'allais au bar toute seule pour rencontrer des gens.
Je m'en plains parce que j'aimerais bien retrouver cette vitalité que j'avais.
Je suis devenue refermée sur moi-même.
Je suis devenue ce que j'ai toujours voulu éviter.
J'ai l'impression de donner raison à mes parents, d'une certaine manière.
Quand ils me disaient que je pouvais pas tout lâcher et m'en aller.
J'en suis là pour eux, un peu, mais j'aurais pu tout lâcher et je l'ai pas fait.
J'ai l'impression d'être en contradiction avec moi-même et je ne sais plus ce que je voudrais faire de ma vie.
Je n'ose plus, j'ai rarement envie de quoi que ce soit à part peut-être de bouffe.
Je me suis mise à faire du sport chez moi dernièrement (des abdos, des pompes, tout ça tout ça), et j'ai l'impression que c'est juste pour me donner une excuse, pour me dire que je ne fais pas rien. C'est toujours mieux que de rien faire du tout, mais j'ai ce sentiment de culpabilité qui me reste dans la tête.
J'ai la flemme de tout.
Même appeler mon copain, ou lui envoyer des messages, ça m'arrive d'avoir la flemme, plus souvent que je ne me l'avoue.
Il a la motivation, lui. Il a envie de découvrir le monde, il a plein d'idées de voyage, de choses et d'autres, et pour tout dire, je suis un peu jalouse de lui.
Il a cet enthousiasme que je n'ai pas ces temps-ci.
Je ne dirai pas que je suis déprimée, non, j'ai juste l'impression de ne pas être à ma place.
Non pas qu'il y ait une place qui n'attende que moi, mais j'ai l'impression d'avoir tout faux.
D'avancer à reculons.
C'est idiot, parce que la vie marche en sens unique, pas de marche arrière.
Disons que j'ai l'impression d'être collée au siège et de passer à côté de tout.
Et j'en suis la seule cause, parce que je ne sais pas ce qui m'intéresse.
Parce que je ne trouve rien qui me fasse envie.
En fait, ce ne sont pas les idées qui me manquent, c'est l'intérêt, la motivation qui va avec.
Je suis incapable de faire quelque chose s'il n'y a pas un but précis derrière.
La course à pied, par exemple.
J'ai essayé de me mettre au footing, pour être physiquement en forme.
Résultat ? J'ai abandonné au bout de même pas un mois, parce que je voyais pas l'intérêt.
J'ai acheté un boomerang, en me disant que ça me donnera une raison d'aller me balader à la plage ou autre. Il est resté sur l'étagère depuis le jour où je l'ai acheté.
J'ai un diabolo, parce que j'aurais kiffé apprendre des figures cooles à faire avec. Il prend la poussière.
Je ne sais plus comment maintenir mon attention suffisamment longtemps sur une activité pour avoir un véritable intérêt qui se crée.
Je voudrais jeter mon boulot, jeter cette thèse à la c** qui me retiennent ici, et me barrer sur les routes.
J'ai l'impression que c'est le seul endroit où j'arrive à quelque chose, la route.
Conduire de place en place, parler à mon voisin dans l'avion, dans le train, prendre des covoits, des auto-stoppeurs.
J'ai envie de partir d'ici.
Loin.
Très loin.

Ou alors, je prends un chien. (Mais j'y connais rien, et je sais pas comment l'emmener au Canada après.)

Et puis ça n'aide pas, de vivre entre parenthèses, parce que je sais que je pars bientôt.
Voilà, depuis mon retour, je bosse en pharmacie.
J'ai trouvé un boulot sans même chercher, c'est un pharmacien chez qui j'ai bossé en tant qu'étudiante qui a fait appel à moi pour un remplacement de congé maternité. Normalement, il cherchait une préparatrice, mais comme il trouvait pas, il a fait appel à moi.
Contrat à temps partiel, avec au moins 2 jours libres pour bosser ma thèse en semaine. J'ai accepté.
Du coup, je bosse les lundi-mardi-mercredi +/- samedi selon les semaines.

C'est chouette, la pharmacie est cool, je m'entends bien avec l'équipe.
Mis à part, de temps en temps, avec l'autre remplaçante (qui est à la base une de mes potes de promo, HAHA) (elle est ultra stressée, et ultra stressante par voie de cause à effet) (#jaimepasmefairecritiquertouteslescinqsecondes).
Mais ça se passe bien.
Le problème, un peu, c'est que ça se corse cet été.
Avec les vacances par-ci par-là, je me retrouve à bosser minimum 34h par semaine (c'est un temps partiel, ça ?), et je monte parfois à 45h... Oouups.
Autant dire que je commence à stresser du ciboulot pour ma thèse (je la bosse quuaaaaand ?).
Et en plus, avec tout ça, ça va probablement retarder mon départ au Canada... Et, la conséquence, au delà d'être "coincée" en France, c'est de pas voir mon homme potentiellement d'autant plus longtemps, à moins qu'il vienne ici (et c'est pas prévu pour l'instant...).
D'un autre côté, j'aime bien cette pharmacie.
Pour mon premier boulot, j'ai vraiment de la chance, le pharmacien voudrait même rallonger mon contrat.
Je vais devoir dire non, parce que je vais quand même partir au Canada un jour, mais ça fait un point de plus pour l'ego.

A côté de ça, je sors d'une de mes rares journées de vrai repos ; cad j'ai fait ce que je voulais.
Pas de thèse, pas de boulot (premier samedi since forever), juste voir les amis, profiter, m'amuser.
Vous savez quoi ? C'est cool de voir des gens. De faire autre chose que rester plantée chez soi, soit à bosser sur un écran, soit à regarder des films sur le même écran (parce que le sentiment de culpabilité est moins fort qu'en sortant) (au moins j'étais restée chez moi avec l'INTENTION de bosser).
Je crois que je vais recommencer.
Faut que j'oublie pas de bosser ma thèse quand même.

Oh, et je me suis mise à l'escalade, j'ai trouvé une salle de block, et c'est génial.
Et j'ai mal aux bras.
Et faudrait que je passe mon permis bateau.

Bref, ça m'a fait du bien d'écrire ce qu'il se passe dans ma vie.
Ca se voyait peut-être pas, mais j'étais en train de pleurer en commençant.
Là, ça va mieux.
Je me dis que je vais peut-être y arriver quand même, même si j'ai que 6 jours de tout l'été pour bosser ma thèse, et que mes seuls autres jours de congés sont les dimanche et les jours fériés.

Et hop, pile à ce moment, y a un rayon de soleil qu'est apparu à la fenêtre.
(Un vrai, hein, pas juste dans ma tête.)
Il est temps de s'y remettre.

La bise.
 Tadaaaaa !http://flotte.cowblog.fr/images/IMG20160323093914.jpg
En ce moment, j'ai la fièvre voyageuse.
Comme j'ai pas beaucoup raconté ma vie ces derniers temps, on va vous mettre au goût du jour :
J'ai à nouveau un copain, ça fait un peu plus d'un an qu'on est ensemble maintenant, il est américain. On parle à mi-mots de mariage, autant pour les sentiments que parce que c'est un des seuls moyens qu'on a de pouvoir rester dans le même pays plus de 3 mois (durée du visa touristique)(c'est cool les relations à distance, mais bon.).
Je suis en plein dans ma thèse (et ça c'est ultra cool). J'ai déjà un boulot de remplacement pour quand je reviens en France dans 2 semaines (oui, je suis aux USA en ce moment) pour 6 mois. (Shrink, vous avez gagné le jackpot)
J'ai un visa de travail de 2 ans (PVT pour ceux qui connaissent) pour le Canada à compter de fin juin. (C'est-à-dire que je peux aller et venir entre le Canada et la France comme je veux pendant 2 ans, et en prime, j'ai le droit d'y bosser.) (Jackpot bis.)
Je veux faire un autre PVT en Argentine, puis en Nouvelle-Zélande après ça. Mon homme est motivé aussi. Sachant que les possibilités sont encore très ouvertes de ce côté-là : Japon, Corée, Hong-Kong, Australie... (J'y cours, j'y vole.)
Je viens de découvrir qu'on peut être volontaire aux îles Kerguelen (en Antarctique) pour une durée de 1 an, dans le programme de volontariat civique. (Oh ouiiii)

Ça fait déjà pas mal.
Et un jour, j'espère aussi pouvoir traverser l'Atlantique à la voile et traverser les USA à cheval et passer le Cap Horn (le fameux, l'Unique) (Mon préééciiieux).

Autant dire que j'ai pas l'intention de me poser de si tôt.
Ça va pas faire plaisir à papa-maman...

J'ai des plans plein la tête, et parfois, je ne sais plus par où commencer.
La vie va bien, et même si toute ma famille (ou presque) ne comprend pas vraiment où je vais (moi non plus, d'ailleurs), j'y vais.
J'ai jamais rêvé d'une vie de famille pépère dans un coin paumé (ou pas) avec des gosses.(une crevette qui pleure sur les bras, non merci) (ça veut pas dire que je désapprouve ceux qui veulent en avoir, juste que c'est pas mon plan de vie)
Beaucoup s'inquiète : "Mais tu vas pouvoir trouver du boulot ?" "Tu sais, tu vas être à l'autre bout du monde, on pourra pas te rendre visite tous les 3 mois" "Et financièrement, tu vas t'en sortir comment ?" "Quand tu reviendras, tu feras quoi ?", mais franchement, on a qu'une vie.
J'ai des économies (j'ai économisé à peu près toute ma vie, c'est-à-dire depuis que je suis en âge d'avoir un compte en banque), je sais plutôt bien gérer mon argent, d'ailleurs, j'ai des plans pour acheter un appart, le retaper et le louer (à moi les revenus fixes) (via une agence bien sûr, pour pas avoir besoin d'être là), et j'ai un CV et un réseau qui me permettent d'avoir de la flexibilité.
Mes proches restent importants à mes yeux, mais si je restreins ma vie à rester près d'eux, je me sentirais juste misérable.
Alors voilà. J'ai l'espoir qu'ils comprendront, et qu'ils arrêteront de me juger ("booouuh, elle nous aime pas, c'est pour ça qu'elle va à l'autre bout du monde") (euh) (non, en fait, vraiment non), et j'espère que j'aurais suffisamment de guts (comme ils disent, en english) pour pas les laisser me convaincre contre ma volonté.

Tout ça pour conclure, je vais sûrement me faire tattouée.
Un tattouage qui me rappellerait tout ça, l'aventure, l'envie de voyager, et qui me rappellerait la maison, un peu.
Une rose des vents dans une barre à roue.
Dans le haut du dos, près de la nuque.
Et parce que j'ai peur, un peu, malgré tout.
Mais voilà :
Avoir peur, c'est avoir envie de vivre.

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